dechamplain - the material soul

Et oui Stefan Jetchick, c’est moi qui te poursuis aux petites créances.

1 of juil, 2008 at 17:53

Au cas où ça ne serait pas encore assez clair, j’ai amorcé un recours juridique contre Stefan Jetchick.

La loi recommande fortement qu’une mise en demeure officielle soit faite avant d’inscrire la plainte au tribunal. Théoriquement, Jetchick est automatiquement mis en demeure par le non-paiement du montant qu’il me doit. Mais j’adore aller au bureau de poste, donc je lui ai fait parvenir une belle lettre enregistrée.

Sa réaction désinvolte laisse entendre qu’il croit au canular:

http://www.inquisition.ca/reactions/loignon_guillaume_2.htm#s3p15

Il a le droit de rire, mais j’entends bien montrer que je ne fais pas dans l’humour.

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Une petite playlist pour biologiste évolutionniste…

19 of juin, 2008 at 11:53

  1. Roy Ayers - Evolution.Ce funk groove comme pas un. Les paroles sont très simple: evolution, répété encore et encore. Le clavinet est déchainé tout au long de la pièce et le solo de vibraphone amène sa touche de démence à la fin.
  2. The Streets - Fit but you know it.Car certaines sont vraiment fières de leur fitness. Il faudrait peut-être leur rappeler que la fitness se mesure au niveau de la population, pas de l’individu!
  3. Roots Manuva - Witness the fitness. En slang british, un acronyme pour “What the fuck”. Effectivement, la poésie beatnick de Manuva nous porte à se dire exactement ça.
  4. King Tubby- Fittest of the fittest dub.Le lien youtube n’est pas la version Tubby, mais ça donne une idée.

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Avant de vous plaindre contre votre garderie, pensez à McMartin

19 of juin, 2008 at 11:22

En 1983, une mère américaine du nom de Virginia McMartin fit une plainte à la police. Elle estimait que son jeune fils était victime d’abus sexuel à la garderie. Elle envoya une lettre aux autres parents, et rapidement tout un procès se mit en marche.

Le procès allait durer jusqu’en 1990, et être le plus coûteux de son époque. Il aurait pu être abrégé si les accusations avaient été, dès le départ, examinées en détail. Voici quelques unes des allégations formulées par McMartin et d’autres parents:

  • Les employés de la garderie font partie d’un réseau sataniste.
  • La garderie est liée à d’autres édifices par un système de tunnel. Pour envoyer les enfants dans les tunnels secrets, les employés les “flushent” dans la toilette.
  • Il y a eu des viols collectifs d’enfants, qui avaient parfois lieu dans des lave-auto. Même Chuck Norris y était (un enfant a identifié Norris comme un des agresseurs.)
  • Etc.

Il aurait aussi été bon de noter que McMartin souffrait de démence paranoïaque et d’alcoolisme chronique. Mais les gens étaient totalement aveuglés par l’hystérie collective découlant de la crainte des “mouvements satanistes secrets” (c’était les années 80…)

Au début des années 90, il y eut une vaste enquête concernant ces présumés mouvements sataniques violeurs d’enfants. Environ 12 264 allégations furent examinés. Toutes s’avérèrent être des canulars. Les seuls cas crédibles furent en fait des gens qui, déguisés, exploitaient la panique générale liée au satanisme afin de terroriser et contraindre leurs victimes.

Malgré cela, John Stoll, qui fut parmi les accusés découlant du délire collectif, ne put sortir de prison qu’en 2004. Les “victimes” racontèrent plus tardavoir été forcés à faire des confessions par un travailleur social délirant, qui leur disait qu’ils ne pourraient pas rentrer à la maison tant qu’ils n’auraient pas accusé quelqu’un. On offrait aussi aux enfants des trios McDonald en échange d’accusations - n’importe quelles accusations.

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Mathieu Bock-Côté, re: Taylor-Bouchard

3 of juin, 2008 at 23:39

Pas bête, ce Bock-Côté. Dans le Devoir du week-end dernier, il avance que Taylor-Bouchard sont de joyeux élitistes qui souhaitent préparer l’esprit québécois (qui est si faible à force d’écouter TVA, souvenons-nous de la bévue de Bouchard…) au multiculturalisme. On efface notre identité, on la prépare à recevoir la grosse bouille relativiste que chouchoute la nouvelle gauche, via:

 campagnes de «sensibilisation à la diversité» ou «d’éducation à la différence» qui sont supposées transformer la conscience nationale pour mieux la disposer envers la société multiculturelle, pour «conscientiser» la société aux bienfaits idéologiques de sa fragmentation identitaire, pour lui permettre «d’intérioriser» la philosophie pluraliste.

Le citoyen idéal n’est plus l’homme nouveau des Lumières, ni un übermensch nietzschéen… c’est un homme qui reçoit entièrement sa culture des institutions. C’est un humain malléable à l’infini, prêt à être un bon citoyen travaillant. Bock-Côté, lui, est assez loin de cet idéal de bonasserie. Il accuse la Commission T-B de vouloir “fabriquer un nouveau peuple” dans une expérience sociologique à grande échelle, véritable “camp de réforme.”

Dans  la même gamme, Jean-Jacques Tremblay (qui est-ce? mais bon) écrit dans Point de Bascule:

Le projet politique contenu dans le rapport Bouchard-Taylor incarne la vision d’un Québec ouvert car insignifiant, d’une société harmonieuse car informe et insipide, d’un citoyen ouvert d’esprit car incapable de juger, et surtout d’un avenir collectif qui en dernière instance ne sera l’avenir de rien ni de personne.

Qu’adviendra-t-il des contestataires? Nécessairement, contester c’est aller à l’envers du modèle rêvé par la CT-B. Donc, c’est mal. Nos commissaires préférés se sont déjà dotés de mesures spéciales afin de faire taire la dissidence en associant opposition au multiculturalisme et discrimination raciale. Ainsi, le texte que vous lisez est nécessairement raciste (selon le rapport T-B). En contrôlant le politiquement correct, on contrôle ce qui ne se dit pas, et donc ce qui doit être considéré comme vrai. Le fait que le gros de la population s’oppose à tout ça ne nuit pas au projet de T-B, au contraire. Ils disqualifient ainsi l’opinion de la populace, du vulgus:

en criminalisant à la fois ses comportements, ses attitudes et ses aspirations s’incarne aujourd’hui dans le politiquement correct, qui sert principalement de dispositif idéologique pour censurer toutes les manifestations du monde contre lequel se construit le multiculturalisme

Le mot fascisme ne se trouve pas dans l’article de Bock-Côté, mais dans les grandes lignes on voit que la commission T-B a remplacé le “nous les québécois” par “nous ceuze là qui décident ce que vous devez penser, pis si vous êtes pas contents, vous êtes jusse des racisses!” Mieux exprimé:

La chose devait désormais être reconnue: rien n’est plus intolérant qu’une philosophie qui réclame pour elle seule le monopole de la tolérance. Derrière les grands appels au pluralisme intégral, c’est une vieille tentation qui se dévoile sous une allure neuve. Une nouvelle tentation totalitaire.

C’est pas des blagues: une tentation totalitaire!

Autre extrait savoureux, chez Jean-Jacques Tremblay cette fois:

Ce à quoi [Taylor et Bouchard ]aspirent du plus profond de leur âme, c’est d’offrir à une nouvelle race d’intellectuels-chercheurs et d’ingénieurs sociaux patentés un rôle sociétal enfin grandiose, et de donner ainsi sens à la vie d’une caste de crétins instruits.

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Éthique et culture religieuse, rien ne va plus

20 of mai, 2008 at 23:46

Le MELS a mis une vidéo d’information sur son site. C’est assez rigolo (ou épeurant). En fait, c’est exactement comme je craignais.

1) On présente aux enfants des personnages cliché, par exemple Machin qui vient du Cameroun, et qui est donc un… (complétez la phrase). La culture est identifiée à la religion, et inversement. Ridicule. Et susceptible d’alimenter les stéréotypes alors que le programme visait l’inverse.

2) Aucune trace des spiritualités alternatives, d’athéisme, d’humanisme, etc. Discrimination flagrante puisque les enfants devront parler de leur religion, par exemple en faisant un “show and tell” sur un objet provenant de leur “culture religieuse”, comme un cierge de baptême. Je m’imagine déjà la petite Océane, agnostique, 10 ans, faire son exposé sur “son cerveau”, objet au centre de sa culture. Ce genre d’anecdotes fera sans doute du cours d’ÉCR une mine d’or pour les média.

3)  Tout le monde il est beau, tout le monde il est fin… C’est niaiseux comme tout. J’ignorais qu’il fallait être gaga pour parler d’éthique.

4) Au sein de ce cours, les enfants sont en quelque sorte contraints à être plus religieux qu’ils ne le sont réellement. On les oblige à se définir en fonction de leur religion (voir point 1) alors que la plupart des québécois ne pratiquent aucune religion.

5) Dans l’extrait vidéo, le québécois non-pratiquant est celui qui “prie à chaque soir avec ses filles”. C’est… drôle.

6) Le dépliant disponible sur la même page web définit clairement le cours d’ÉCR comme une sorte de nouveau cours d’enseignement religieux, version oecuménique.

Le pire est que Georges Leroux nous cassait récemment les oreilles avec sa doctrine Lockéenne (Locke voulait qu’on exclut les athées et les catholiques de la société),  arguant que le programme n’était ni pro-religion ni-contre (mensonge!). Pour se fier sur Locke en terme de tolérance religieuse, il faut avoir un sérieux problème de repères.

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Article pour le séminaire de Christine Tappolet

19 of avr, 2008 at 23:47

Avant-propos.

Je ne crois pas au libre-arbitre. Je crois au contrôle de soi, à l’autonomie de la personne. Il y a une nuance. Le libre-arbitre est une superstition; cette conception implique que l’agent a un petit bonhomme dans sa tête, lequel n’est pas influencé par l’extérieur, qui passe son temps à prendre des décisions rationnelles. On a beau appeler ce petit bonhomme une “conscience”, une “âme” ou ce qu’on veut, je crois que c’est un modèle bon à jeter.

Donc pas de libre-arbitre. Mais en même temps on veut pouvoir dire qu’il faut respecter le développement de la personne en ne lui imposant pas nos croyances, etc. On veut pouvoir se fâcher quand on voit un documentaire sur une secte, sur une épouse qui ne veut pas quitter son mari qui la bat, etc. Bref on veut que la dignité humaine et l’autonomie individuelle demeurent, voire qu’elles occupent une place centrale.

Dans cet article j’ai tenté de présenter une manière naturaliste de concevoir l’autonomie. J’entends par là que je ne fais pas appel à un homunculus - ce fameux petit bonhomme dans la tête - ni à quoique ce soit qui ne puisse s’expliquer par ce qu’on sait déjà de la psychophysiologie humaine.

Alors voilà le travail que j’ai présenté à Christine Tappolet pour le semestre d’hiver 2008. J’inclus la même chose en pdf pour faciliter la lecture:  Dissertation Tappolet 2008 (pdf, 188kb)

Dans le but de présenter un modèle de l’autonomie tenant compte de l’émotivité ne faisant pas appel à un homoncule, cet article examine d’abord critiquement la conception rationaliste des émotions. Une réfutation de cette conception, basée principalement sur les travaux de Tappolet (2006), est proposée. Cette critique est ensuite prolongée en une analyse comparative de la théorie émotionnelle de de Sousa (1987) et de Tappolet (2006), dont nous tenterons de faire la synthèse. Finalement, une perspective neuropsychologique est présentée (Prinz, 2004; 2006).

Introduction

Une œuvre majeure concernant les émotions est l’ouvrage de Ronald de Sousa, The rationality of emotions, paru en 1987. Il est intéressant de constater que l’auteur y consacre deux chapitres à des questions ne concernant pas directement les émotions. Principalement, de Sousa défend une certaine forme de matérialisme contre la croyance en une téléologie naturelle, ou encore un fonctionnalisme édulcorécontre une conception dualiste. Cette démarche n’est pas superflue chez de Sousa, puisqu’elle permet de réhabiliter les émotions en tant que composantes centrales de la psyché, laquelle serait non plus la composante transcendante d’un humain « mi-bête mi-ange », mais le résultat de millions d’années de pressions sélectives.

La conception homonculaire d’un esprit transcendant cède ainsi la place à un modèle où de multiples modules cognitifs rivalisent pour le contrôle de l’individu : désirs, émotions, croyances, prédispositions, raisonnements, etc. Au sein de cet équipage, personne ne tient la barre. Comment discerner alors ce qui constitue le vrai soi, ou, plus précisément, comment savoir si une action a été motivée par le soi authentique?

Dans le cadre de ce travail, je propose d’avancer le zoom encore d’un cran en me penchant sur la question de l’autonomie des actions motivées par les émotions. Nous verrons que, loin de nuire à la raison l’émotion est une constituante majeure de l’esprit humain, et qu’une réintégration des émotions permet de répondre à plusieurs problèmes posés par le rationalisme, dont la régression à l’infini qu’implique le recours à un homoncule1 pour expliquer la conscience.

Visant, dans l’ensemble de cet article, à faire un pont avec les sciences cognitives, qu’on accuse souvent de négliger les émotions, nous tâcherons également d’ajuster les propos de cet article par rapport à différentes notions de neuropsychologie.

L’échec du rationalisme

Auteur emblématique du courant rationaliste, Descartes postule une âme existant indépendamment du corps. Bien qu’elle lui est opposée, l’âme se joint au corps via la glande pinéale, structure sélectionnée en raison du fait qu’elle ne se dédouble pas, alors que « les autres parties de notre cerveau sont toutes doubles, comme aussi nous avons deux yeux, deux mains, deux oreilles » (Article 32). Descartes est donc en quête d’une structure unique pouvant recevoir les commandes d’une conscience monolithique, d’un « pilote » absent de son navire2.

Il va sans dire que l’hypothèse de la glande pinéale comme siège de la conscience n’a aujourd’hui plus de valeur scientifique (Damasio, 2003, 188). À l’inverse de Descartes, les neuroscientifiques actuels considèrent la conscience comme composée d’agents (ou daemons) multiples correspondant de manière plus ou moins plastique à différentes zones du cerveau. Le défi véritable n’est donc plus d’harmoniser corps et âme, mais de juger de l’autonomie d’une action en considérant la multiplicité des motivateurs présents au sein d’une même personne.

Tout de même, une conception rationaliste demeure, héritée des Lumières, selon laquelle une action motivée par l’émotion n’est nécessairement pas autonome (Tappolet, 2006, 47). L’agent serait donc réduit à sa raison. En revanche, l’émotion, liée au corps, serait reléguée au rang de « passion », alors que le véritable acte autonome serait celui qui émane de l’esprit désincarné postulé par Descartes. Nous énoncerons ici quelques critiques formulées à l’endroit de la conception rationaliste des émotions.

Selon Daniel Dennett (1991, 105-111) la conception rationaliste de la conscience suppose un « théâtre cartésien » où un agent rationnel serait installé, observant ce que nos yeux voient, entendant ce que provient de l’appareil auditif, etc. Cet agent métaphorique, ou homoncule, serait donc la seule source viable d’actions vraiment autonomes. Cela pose un premier problème assez trivial: mais qui, au juste, compile les différentes perceptions de l’homoncule et engendre son action – un autre homoncule? Il est assez ironique de constater que Descartes, dont l’une des preuves de l’existence de Dieu se base sur la crainte d’une régression à l’infini, tombe précisément dans ce piège lorsqu’il est question de conscience. Qui plus est, le théâtre cartésien ne serait pas, selon Dennett, une explication viable sur le plan neurologique. Malgré de multiples tentatives contemporaines de confier à une autre structure, dans le lobe frontal principalement, le rôle qu’occupait la glande pinéale chez Descartes, l’homoncule se fait toujours attendre.

Outre les critiques issues des neurosciences et de la philosophie de l’esprit, il est possible de rejeter le rationalisme sur des bases métaéthiques. Dans The Autonomy of Emotions (2006), Christine Tappolet adresse au rationalisme une critique axée sur les actions akratiques, c’est-à-dire des actions autonomes allant néanmoins à l’encontre du jugement de l’agent. L’article remarque d’abord que les crimes passionnels, bien que motivés par l’émotion, ne sauraient être considérés comme étant à l’abri de toute responsabilité légale (45-46). La conception rationaliste voudrait pourtant qu’une action motivée par l’émotion soit inévitable, donc non autonome. Or, remarque Tappolet, ce raisonnement ne s’applique qu’à une certaine classe d’émotions susceptibles de restreindre le comportement, comme la colère ou la peur. D’autres dispositions émotionnelles, comme la joie, ont plutôt l’effet contraire: l’agent, le coeur léger, voit un monde de possibilités s’offrir à lui.

Par ailleurs, estime Tappolet, la conception rationaliste risque d’engendrer une multitude de cas où un comportement noble est engendré par l’émotion, alors que le raisonnement aurait mené à une action mauvaise. Un exemple représentatif est le cas de Huckleberry Finn, tiré du roman de Mark Twain. Dans cet exemple, que l’on retrouve également chez de Sousa (1987, 188), Huck a la possibilité de trahir son ami Jim, un esclave en fuite. Incapable de trahir son ami, il le laisse finalement partir, bien que sa raison lui dicte le contraire. Une bonne conception de l’autonomie voudrait que l’on félicite Finn lui-même pour avoir agi de la sorte, et non seulement son action (Tappolet, 2006, 50). C’est précisément ce que soutiendrait une théorie romantique ou nietzschéenne, selon lesquelles le vrai soi s’exprime par l’émotion. (47)

Cependant, la conception rationaliste ferait exactement le contraire, considérant que c’est accidentellement que Finn a agi noblement, et qu’il n’est aucunement à féliciter. Autrement, le rationaliste devrait admettre que l’action était autonome, donc provenait du vrai soide Finn, et en même temps que l’action était mûe par l’émotion. Cela placerait le rationaliste, pour qui le vrai soi est ce qui motive l’action, dans une position fâcheuse où il devrait admettre que le soi est l’émotion.

Notons qu’il n’y a pas des exemples tirés de la littérature: une étude réalisée récemment visait à analyser l’impact de motivateurs émotionnels sur l’incidence des fraudes fiscales (Coricelli et al, 2007). Les résultats montrent que, chez les sujets chez qui on avait, dans une simulation, artificiellement induit la crainte d’être découvert, le pourcentage de fraude était significativement moindre. Or, une pure analyse des risques et bénéfice voudrait que l’on fraude systématiquement puisqu’en réalité le risque de détection est faible. Dans cette situation, la raison mènerait au crime, et l’émotion (peur, honte, mais surtout le sentiment d’appartenance et la satisfaction d’agir honnêtement) nous dirigerait sur la bonne voie.

Certes, un rationaliste pourrait rétorquer qu’en réfléchissant mieux, l’agent arriverait à la conclusion que la fraude n’est pas le bon comportement à adopter. Mais que faire des situations où l’agent estime avoir de bons motifs rationnels pour frauder? De même, Huck Finn aurait pu, en dépit du contexte sociohistorique, réfléchir sur l’esclavage, développer une théorie de l’égalité, de la dignité humaine, ainsi de suite, et finalement renoncer à dénoncer Jim. On réalise que ces considérations nous mènent à une vision intellectualiste de la moralité et à des standards irréalistes, puisque l’on soutiendrait alors que l’action rationnelle est meilleure seulement dans la mesure où le raisonnement est effectué de manière optimale. De manière plus plausible, la situation se ramène à l’évaluation de ce qui compte le plus pour l’agent: épargner de l’argent, ou respecter la loi? L’amitié, ou ses opinions esclavagistes? Or, dès qu’il est question de « ce qui compte le plus », il est question de souci, de préoccupations, de valeurs… donc d’émotions.

de Sousa et l’effet de salience

La conception rationaliste considérait comme autonome une action « autogérée », basée sur un motif fournissait une raison légitime d’agir. Or, comme nous venons de le voir, de multiples motivateurs peuvent influencer l’agent et entrer en conflit. Il serait alors approprié de dire que l’action est autonome si motivée par le motivateur qui est le plus central à l’individu, et non celui qui provient de la plus exhaustive réflexion. Cette analyse se trouve déjà chez de Sousa (1987, 175), et bien que celui-ci n’emploie pas explicitement le terme « care », je tenterai ici de démontrer que sa vision est en plusieurs points orthogonale avec celle de Tappolet, que nous étudierons par la suite.

Faute de parler de care, Ronald de Sousa parle plutôt de désirs qui sont considérés comme importants, et dont le fait d’être départis nous donnerait l’impression d’une violation de notre nature intrinsèque. Remarquons qu’il serait tout à fait possible de ne plus, éventuellement, avoir d’intérêts pour ces choses, et ce sans avoir cette impression d’aliénation. Cela n’enlève rien à la valeur actuelle de ces désirs, puisque c’est dans l’avenir qu’ils ne seraient plus centraux. Par exemple, la possibilité de ne plus aimer les Sauvignons n’enlève rien à l’amour actuel pour ce cépage. À moins, bien entendu, que l’agent tienne en haute estime la valeur de constance. Cela mène de Sousa à distinguer trois types de désirs:

« … those that we regard as intrinsically subjective, those in which we cherish constancy because they have moral or aesthetically objective import, and finally those that are morally significant not simply because of the value of their object but because of what our havingsuch desires means for our self-concept, our energy, our integrity. » (de Sousa, 181).

La chasse aux homoncules

Simplement dit, il existe différents types de désirs avec des niveaux particuliers d’importance subjective. Nous nous retrouvons face à notre problème de départ: comment l’agent parvient-il à trancher alors que plusieurs facteurs motivants sont en compétitions, ou encore: pourquoi l’âne de Buridan ne meurt-il pas de faim? La tentation est forte de postuler un homoncule qui ne serait pas lui-même soumis aux désirs de l’agent et pourrait trancher objectivement, bien installé dans le confort de son théâtre cartésien. Mais la réponse que propose de Sousa est plus parcimonieuse: nul besoin d’homoncule, ce sont les émotions qui font ce travail. Les émotions se chargeraient, dans cette perspective, d’attribuer une priorité à certains désirs, selon ce qu’on désigne en sciences cognitives comme l’effet de sallience. Sans cet emphase mise sur certains processus mentaux, il serait non seulement impossible de faire des jugements, mais également impossible de percevoir quoique ce soit, puisque l’esprit serait assailli par une quantité quasi infinie d’informations. Pour de Sousa l’émotion guide notre faisceau attentionel est sous-tend nos processus rationnels (201).

Mais cela ne résoud pas encore notre problème récurrent de régression à l’infini, puisque si l’émotion sous-tend la raison on peut encore se demander ce qui guide l’émotion. Il est toutefois possible d’éviter ce piège. Selon de Sousa, l’évolution nous a dotés de structures innées permettant le nourrisson de réagir émotionnellement à certains stimuli3. Au fil de son développement, l’enfant crée de nouvelles associations entre certains scénarios et une émotion appropriée, ce que de Sousa désigne comme un paradigme (182-184). Plus l’esprit et le langage se raffinent, plus les catégories émotionnelles deviennent subtiles et nombreuses, au point où l’agent ne peut lui-même identifier la raison de telle ou telle réaction émotionnelle4. Finalement, l’homoncule émotif est remplacé par un automate chargé uniquement d’apparier les états mentaux actuels avec des cas paradigmatiques présents en mémoire. Cet automate, engendré par l’évolution et programmé par la relation avec l’environnement, n’a nul besoin de son propre homoncule ni pour exister, ni pour fonctionner.

Tappolet et la théorie du care

Assimiler les émotions à des jugements serait, compte tenu de notre projet de rétablir l’émotion comme guide de la raison, tout à fait tentant. Dans cette conception, avoir peur lorsqu’exposé à un stimulus reviendrait à juger que cet objet est effrayant. Cependant, dans La philosophie des émotions et la dynamique émotionnelle(à paraitre), Christine Tappolet déploie une conception de l’émotion comme étant une perception, et non un jugement. Voyons ce qui motive ce choix philosophique, et comment il est congruent avec l’analyse de de Sousa.

Juger signifie que l’on émet une conclusion au sujet de concepts qui se présentent à nous. Un premier problème soulevé par Tappolet est qu’un jugement est construit dans l’entendement, alors qu’une perception s’impose à nous. Ainsi, regardant une certaine scène visuelle, nous n’avons d’autre choix que de la voir. Un autre problème est que, si l’émotion est un jugement, alors avoir peur de X impliquerait que l’on possède un concept de peur, ou du moins un concept de X. Un tel modèle pourrait peut-être fonctionner en se limitant aux humains, mais une conception des émotions doit également rendre compte des animaux ne possédant aucuns concepts. Par exemple, selon Tappolet, on doit pouvoir affirmer, sans contredire notre modèle, que l’écureuil a peur de X, bien qu’il ne possède pas le concept X. En revanche, il est possible de percevoir X sans savoir de quoi il s’agit, ce qui indiquerait que l’émotion n’est pas un jugement, mais une perception.

Que vaut cette conception? En retenant ce qui a été dit à la section précédente, on peut affirmer qu’avoir « en tête » le concept X n’est pas nécessaire à l’émotion. Ce qui compte est que l’écureuil soit capable de reconnaître la situation comme correspondant au paradigme approprié, dans ce cas, il s’agirait de reconnaître la situation comme suffisamment similaire au paradigme danger. Cela aurait pour effet de déclencher la réaction physiologique de peur et l’action de fuir. Grâce à la capacité de l’émotion à guider le faisceau attentionel, le programme de fuite prendrait nécessairement le pas sur toute autre action déjà amorcée.

Pour Tappolet nomme cares ces structures motivationnelles qui forment nos préférences, guident et limitent nos actions. (2006, 51). Tout comme chez de Sousa, où il y avait plusieurs niveaux de volitions et préoccupations, Tappolet soutient, en se basant sur Frankfurt, que les soucis ne sont pas tous égaux. Certains sont « irrésistibles », d’autres, périphériques. Cela ne signifie pas que les soucis sont au même rang que les pulsions. On ne s’associe pas, par exemple, à la pulsion de tousser. De même, les pulsions de colère, bien qu’étant de forts agents motivateurs, ne sont pas considérées comme centrales par l’individu (52). En revanche, pour l’agent, un souci vraiment central ne pourrait pas ne pas être considéré comme crucial. Ainsi, X étant un souci central, nous n’avons pas le choix d’aimer X, ne voyant pas comment il serait possible d’en juger autrement. Cela n’est pas sans rappeler les désirs de troisième catégorie chez de Sousa, pour qui ces désirs ne pouvaient être enlevés sans détruire l’individu.

Actions inconscientes et hiérarchie des motivateurs

Dans le même sens, Tappolet soutient que nos soucis centraux constituent notre moiprofond. Par conséquent, une action est autonome lorsqu’elle s’inscrit dans le sousi le plus central. Que fait-on alors des actions n’impliquant aucune motivation, comme les actes faits de manière réflèxe? On peut douter que l’agent est particulièrement préoccupé par la manière dont il éteint l’alarme du réveil-matin, se lève du lit, prépare son café, et ainsi de suite. Tappolet (54) propose d’abord une solution issue de Shoemaker, pour qui ce genre d’action n’est pas autonome. Si l’on agit sur le « pilote automatique », alors il serait inutile de considérer l’action comme autonome.

Mais cette explication n’est pas tout à fait satisfaisante. Certes, ces actions demandent peu d’effort mental, mais on ne serait pas prêts à les considérer comme réellement automatiques. Une solution plus simple sera d’écarter la question comme étant un faux problème en affirmant que l’action de l’agent n’est pas sans lien avec ses préoccupations « concernant son mode de vie » (55) . Par exemple, si l’agent fait des étirements après son lever, pour ensuite avaler un petit-déjeuner équilibré, il est raisonnable de croire qu’il se souci de sa santé. De même, ajouterait de Sousa, le fait que le comportement soit routinier pourrait refléter un souci pour la constance. Vu autrement: l’agent peut se constituer, de manière plus ou moins intentionnelle, une routine composée d’actions importantes pour lui, et répéter à chaque matin ce scénario sans vraiment réaliser qu’il a une routine.

Un autre problème, plus considérable, serait celui de la centralité relative des motivateurs les uns par rapport aux autres. Chez de Sousa, les émotions, en comparant la situation avec des cas paradigmatiques, se chargeaient de prioriser certains motivateurs. Tappolet parle plutôt d‘intégrationavec les états mentaux de l’agent. Plus il y aurait de liens avec les états mentaux, plus la préoccupation serait centrale pour l’agent. L’établissement de liens aurait pour effet d’enraciner la croyance, le désir ou le souci: « Deep beliefs tend to resist revision » (Arpaly & Shroeder, in Tappolet, 2006, 56). On constate donc que la centralité, découlant de l’enracinement du motivateur, doit être distinguée de la force motivationnelle. La pulsion colérique est, de façon très éphémère, un agent motivateur très puissant, mais n’est que faiblement lié aux autres états mentaux, d’où l’impression d’être « hors de soi ».

Quels motivateurs sont légitimes ?

Cela est d’autant plus intéressant lorsqu’on considère de récents travaux sur les phénomènes de dissonance cognitive et de faux souvenirs. Notamment, Elizabeth Loftus (2003) a démontré que des souvenirs artificiellement implantés sont difficiles à déraciner, surtout lorsque le sujet bâtit, souvent en raison de désinformation, un réseau de concept entourant sa fabulation. Une telle croyance induite serait susceptible de modifier le comportement de l’agent, bien qu’elle ne soit pas centrale. On réalise donc que la manière dont l’agent acquiert un motivateur peut révéler si celui-ci est légitime ou non. Cette intuition rappelle Dworkin (1970) qui trace un parallèle avec la propriété d’un objet, qu’il distingue du simple fait d’être en possession:

With property we can consider both possession and ownership, what a man has and what belongs to him. The concepts are independant for something may belong to a man algthough he does not possess it, e.g. it is stolen from him (…) Sometimes determining what belongs to someone will be, in part, tracing how the object came into his possession.

Si on étend le raisonnement aux motivateurs, ceux-ci seraient nôtres lorsqu’ils sont acquis de manière normale. Par exemple: la réflexion critique, l’auto-évaluation, tout mécanisme permettant de permettre à nos cares et motivations d’être à l’écoute de nos pensées. Une violation de ces mécanismes expliquerait pourquoi l’agent victime de lavage de cerveau ne serait pas autonome lorsqu’il agit selon « ses » préoccupations (Tappolet, 2006, 57). En somme, on peut donc dire que le modèle de Tappolet considère une action comme autonome si et seulement si l’agent motivateur qui en est responsable est à la fois central, c’est-à-dire très lié aux autres états mentaux, et d’origine naturelle.

Critiques et réponses

On pourrait reprocher à ce modèle qu’il peut parfois être difficile de distinguer un care d’origine naturelle des contrefaçons5. De plus, étant sujets à de multiples influences externes, il devient irréaliste de supposer un careparfaitement authentique. Cependant, le modèle n’a jamais promis un critère infaillible garantissant que telle action est autonome. On peut supposer de manière réaliste que chaque motivateur a un niveau plus ou moins important de d’authenticité, de centralité et de pouvoir motivationnel.

Une autre critique serait que cette conception tombe dans l’autre extrême et néglige le rôle de la raison. En effet, selon Christine Tappolet, nos caresne doivent pas nécessairement être le fruit de réflexions. Or il est raisonnable de croire que, bien avant d’être en mesure de réfléchir critiquement, il y avait des choses qui me préoccupaient. La réflexion n’est donc pas nécessaire au care. Ce serait plutôt l’inverse: le simple fait de réfléchir à quelque chose indique que cela nous importe à un degré ou un autre. (57) Finalement, en ce qui concerne les démarches réflexives élaborées de « travail sur soi », elles ne sont pas indépendantes de l’émotion, puisqu’elles dépendent d’un souci pour l’amélioration de sa personne.

Du côté de chez Prinz

Avant de conclure, j’aimerais présenter un dernier auteur afin de préciser certaines notions étudiées dans ce travail et de tenir mon engagement initial de faire le pont avec les neurosciences. Plus exactement, nous nous appuierons sur Prinz afin d’élargir la discussion à deux questions qui me semblent particulièrement pertinentes.

Qu’est-ce qu’un désir, au juste?

Nous avons mentionné de nombreuses fois le désir tout au long de ce travail, mais sans jamais réellement préciser de quoi il s’agissait. L’intuition voudrait que l’on définisse un désir comme « quelque chose que l’on veut ». Mais Prinz amène une précision intéressante à ce sujet; dans Gut Reactions (2004, 196), il affirme que cette intuition est fondée sur un abus de langage. Prinz soutient donc qu’il ne faut pas confondre désirer X et espérer que X. L’abus de langage serait donc d’étendre le verbe désirer à des choses qu’il nous est impossible de mettre à l’agenda, comme vouloir qu’il fasse beau, puisqu’aucune suite d’actions ne pourrait mener à ce but, outre « la prière ou le voyage » (197).

En réalité, un désir serait le fait de placer une action dans un registre d’actes à effectuer. Des mesures seraient alors entreprises par ce module cognitif afin de réaliser ce but, la première étant de trouver une stratégie permettant de satisfaire le but en question. Par exemple, le marqueur somatique faim engendrerait un désir de manger, ce qui placerait l’action manger dans le registre. Un sous-module se chargerait alors de trouver des stratégies permettant d’atteindre le but (194).

Ce registre des actions à effectuer est un ajout intéressant qui n’est pas incompatible avec les modèles de de Sousa et Tappolet. Il n’est pas farfelu d’imaginer que l’émotion puisse permettre à une tâche de dépasser les autres dans la file d’actions à effectuer. Imaginons l’écureuil de notre exemple précédent qui verrait d’abord un gland et ensuite un prédateur. Il serait sans doute tenté par la nourriture, mais la peur donnerait priorité au mécanisme de fuite.

Le statut scientifique des théories métaéthiques basées sur l’émotionalité

Encore faudrait-il pour que tout cela fonctionne qu’il existe effectivement un tel registre. Selon Reed (2004, 120 et 342), un candidat potentiel serait le striatum, structure sous-corticale se chargeant de la planification d’actions. Mais qu’en est-il de notre postulat central: y a-t-il une base scientifique à la nécessité de l’émotion dans les jugements? On s’attendrait alors à ce qu’une personne souffrant d’une pathologie altérant ses réactions émotives émette des jugements également distortionés.

Il semblerait que c’est précisément ce qui se produit. Prinz (2006) rapporte plusieurs expériences ayant démontré un lien entre la psychopathie et la capacité émotionnelle:

Psychopaths are not amenable to fear conditioning, they experience pain less intensly than normal subjects, and they are not disturbed by photographs that cause distress in us (Blair et al, 1997). This suggests psychopathy results from a low-level deficit in negative emotions. (32).

Prinz mentionne également différentes études liant l’activation de zones cérébrales liées aux émotions lors de tâches demandant au sujet d’effectuer un jugement moral. Les émotions joueraient, selon lui, le rôle de « symptômes » indiquant à l’esprit que la situation doit être considérée sous tel ou tel angle. Reconnu dans une scène, l’indicateur « dégoûtant » changerait la perception de celle-ci. (31). Prinz mentionne à cet effet une étude où le dégoût le mot « often » a été induit artificiellement par hypnose, amenant les sujets à mépriser les personnages prononçant ce mot pourtant banal. Sur ce point, Prinz n’est guère éloigné de la conception de de Sousa, mais parle d’indicateurs plutôt que de similitudes avec un cas paradigmatique.

Conclusion

Nous avons présenté ici de nombreuses critiques à l’endroit de la conception rationaliste et établi les émotions en tant qu’agents motivants nécessaires. J’aimerais conclure en réexaminant le rôle de la raison à la lumière des notions déployées dans ce travail. Nous avons déjà vu que chez Tappolet la réflexion n’est pas négligée, étant une des sources possibles de préoccupations authentiques. Il est possible de réfléchir au fait même de réfléchir, et de développer ainsi un souci réel pour la remise en question. En revanche, il est peu réaliste de décider de ne plus réfléchir. Ronald De Sousa explique cela par le « paradoxe du faux jeton »6: meilleur est un faux, plus il est est conforme à l’original, et donc moins il est faux. De même, plus on s’efforce de ne pas réfléchir, plus il faut faire preuve de réflexion. Plus on cherche une vie délibérément sans but, plus on atteint notre but.

Bibliographie

 

Coricelli et al. Tax evasion: cheating rationally or deciding emotionally ?, CIRANO, Université de Montréal, 2007.

 

Damasio, A. Looking for Spinoza: Joy, sorry, and the Feeling Brain. Harcourt, 2003.

 

Dennett, D. Consciousness Explained. Back bay, 1991.

 

Dworkin, G. « Acting Freely », Noûs, 1970, 367-383.

 

De Sousa, R. The rationality of emotions, MIT Press, 1987.

 

Loftus, E. “Make-believe memories,” American Psychologist, Novembre 2003.

 

Prinz, J. Gut reactions: a perceptual theory of emotions, Oxford University Press, 2004.

 

Prinz, J. « The emotional basis of moral judgements », Philosophical explorations, Vol. 9, No. 1, Mars 2006.

 

Reed, S. K. Cognition: theory and application. Sixième édition. Wadsworth/Thomson Learning, 2004.

 

Tappolet, C. « Autonomy and the emotions », in Christine Clavien, Julien Deonna, Iwo Wallimann (dir.) Emotions and Rationality in Moral Philosophy, volume thématique du European Journal of Analytic Philosophy 2 (2), 2006, 45-59. http://www.ffri.hr/phil/casopis/content/volume_2/EUJAP_4_tappolet.pdf

 

Tappolet, C. « La philosophie des émotions et la dynamique émotionnelle », à paraître. http://www.philo.umontreal.ca/prof/documents/LaPhilosohiedesemotionsetladynamiqueemotionnelle.pdf

 

 

1J’entends ici par homoncule un agent autonome présent dans l’agent et ayant une volonté propre. Plusieurs structures cognitives seront employées dans ce travail et pourraient s’apparenter à des homoncules, à l’exception qu’elles n’ont aucune intelligence particulière et ne font qu’accomplir une tâche. Voir par exemple Dennett, Brainstorms, 1978.

2Voir Discours de la méthode, 5e partie.

3Cela ne signifie pas toutefois que la moralité est innée. Nous aborderons ce problème à la section 5.

4Ainsi, le psychanalyste cherchera le paradigme originel, inconscient. Le thérapeute cognitif-béhavioral invitera son client à réfléchir sur ses réactions afin de reconstruire des paradigmes plus positifs.

5Hypnose, lavage de cerveau, drogues, neurochirurgien fou et tout autre exemple classique.

6Paradox of the phony. Dans de Sousa (1987), page 262.

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Éthique et culture religieuse

19 of avr, 2008 at 11:28

Pour ceux qui s’intéressent au futur cour d’Éthique et Culture Religieuse, il y a un peu d’action ces jours-ci du côté humaniste. Je donne ici ma position en version ultra-abrégée:

NON à la complaisance et au révisionnisme dans le but de se donner bonne conscience pour nos bévues passées.

OUI à l’enseignement du fait religieux.

NON à l’exclusion des spiritualités alternatives et visions du monde non religieuses ou para religieuses. Positions qui, regroupées, sont d’ailleurs majoritaire au Québec.

NON au biais lors de l’exposé des religions.

OUI à l’objectivité et à l’approche anthropologique.

P-S Je suis en train d’écrire une belle mise en demeure à monsieur Jetchick. Je me retiens de faire un truc à la Hunter S. Thompson…

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Comments (1)

Mise à jour

10 of avr, 2008 at 16:37

dechamplain fonctionne un peu au ralenti ces derniers temps car je suis occupé par divers projets et tâches, dont des rédactions, de la correction, etc. Un autre item à l’agenda mérite la peine d’être souligné: je fais du sound design pour un jeu vidéo.

Le jeu, Nightblade, est une suite non-officielle et multijoueur au jeu Thief, mais basée cette fois sur le moteur Unreal 3. En gros, c’est une sorte de Ocean Eleven version médiévale où l’équipe des voleurs planifie et effectue des cambriolages de haute voltige. L’équipe des gardes tente, bien entendu, de faire échouer leurs plans.

Le collectif Blackcat games, qui produit Nightblade, vient de sortir une version “alpha” téléchargeable gratuitement (il faut avoir Unreal3 par contre.) Ils ont auparavant lancé divers jeux roulant sur les moteurs Unreal précédents, dont Alien Swarm, qui avait a reçu de nombreux prix.

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10 découvertes créationnistes majeures

1 of avr, 2008 at 10:38

Le site de Wired nous offre aujourd’hui les 10 découvertes créationnistes les plus importantes:

 10. T. rex ate coconuts

According to experts at the Creation Museum, our favorite predatory dinosaur would have fit right in at Whole Foods.
9. The Earth is only six thousand years old

Carbon-13 and potassium argon dating are myths created by the devil to cast doubt on the existence of God.

8. Stem Cells are evil

Curing terrible diseases is not worth the trouble of sacrificing some abandoned eggs from the deep freeze at a fertility clinic.

7. NASCAR is the official sport of the spiritually enlightened

Some forms of entertainment were meant for the pure of heart.

6. Guns were created by God to kill deer

It is our responsibility as humans to encroach on their habitats by building track homes and then blow the sweet crap out of them so that they don’t starve to death in the winter.

5. Liberals are evil

Even though most of the truly bizarre sex scandals have involved republicans, and democrats prefer to have affairs with women of legal age, left-wing politicians are morally more morally bankrupt than their conservative counterparts.

4. Civil Liberties are for sissies

Under the benevolent Bush II theocracy, we don’t need privacy. Like the Pope, he is in direct contact with God, so we can feel secure knowing that every one of his decisions will be fair.

3. President Bush can look directly into our souls.

Bush II looked directly the soul of Russian President Vladimir Putin and saw that he is a good man!

2. Iraq had ties to Al-Qaeda, was enriching Uranium, and all that jazz.

By bombing Iraq back into the stone age, then occupying it, we have protected our country from terrorism. Who cares if we destroyed our economy while in the process? Dubai is certainly not complaining.

1. Evolution is a myth.

Just ask Ben Stein, evil academics suppress any luminary who dares to question the mounds of evidence that life evolved gradually. Get your facts straight. It took seven days to make the earth.

Joyeux Poisson d’Avril!

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Cartoon

29 of mar, 2008 at 12:52

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Zombie philosophique

Je suis Guillaume Loignon, étudiant à la maitrise en philosophie à l'Université de Montréal. Mes intérêts se situent principalement en sciences cognitives, philosophie de la biologie et en éducation. Appuyé par une bourse de recherche du CIRST, j'explore actuellement la théorie somatique des émotions.