19 of juin, 2008 at 11:22
En 1983, une mère américaine du nom de Virginia McMartin fit une plainte à la police. Elle estimait que son jeune fils était victime d’abus sexuel à la garderie. Elle envoya une lettre aux autres parents, et rapidement tout un procès se mit en marche.
Le procès allait durer jusqu’en 1990, et être le plus coûteux de son époque. Il aurait pu être abrégé si les accusations avaient été, dès le départ, examinées en détail. Voici quelques unes des allégations formulées par McMartin et d’autres parents:
- Les employés de la garderie font partie d’un réseau sataniste.
- La garderie est liée à d’autres édifices par un système de tunnel. Pour envoyer les enfants dans les tunnels secrets, les employés les “flushent” dans la toilette.
- Il y a eu des viols collectifs d’enfants, qui avaient parfois lieu dans des lave-auto. Même Chuck Norris y était (un enfant a identifié Norris comme un des agresseurs.)
- Etc.
Il aurait aussi été bon de noter que McMartin souffrait de démence paranoïaque et d’alcoolisme chronique. Mais les gens étaient totalement aveuglés par l’hystérie collective découlant de la crainte des “mouvements satanistes secrets” (c’était les années 80…)
Au début des années 90, il y eut une vaste enquête concernant ces présumés mouvements sataniques violeurs d’enfants. Environ 12 264 allégations furent examinés. Toutes s’avérèrent être des canulars. Les seuls cas crédibles furent en fait des gens qui, déguisés, exploitaient la panique générale liée au satanisme afin de terroriser et contraindre leurs victimes.
Malgré cela, John Stoll, qui fut parmi les accusés découlant du délire collectif, ne put sortir de prison qu’en 2004. Les “victimes” racontèrent plus tardavoir été forcés à faire des confessions par un travailleur social délirant, qui leur disait qu’ils ne pourraient pas rentrer à la maison tant qu’ils n’auraient pas accusé quelqu’un. On offrait aussi aux enfants des trios McDonald en échange d’accusations - n’importe quelles accusations.
Category: imposture, teaching
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20 of mai, 2008 at 23:46
Le MELS a mis une vidéo d’information sur son site. C’est assez rigolo (ou épeurant). En fait, c’est exactement comme je craignais.
1) On présente aux enfants des personnages cliché, par exemple Machin qui vient du Cameroun, et qui est donc un… (complétez la phrase). La culture est identifiée à la religion, et inversement. Ridicule. Et susceptible d’alimenter les stéréotypes alors que le programme visait l’inverse.
2) Aucune trace des spiritualités alternatives, d’athéisme, d’humanisme, etc. Discrimination flagrante puisque les enfants devront parler de leur religion, par exemple en faisant un “show and tell” sur un objet provenant de leur “culture religieuse”, comme un cierge de baptême. Je m’imagine déjà la petite Océane, agnostique, 10 ans, faire son exposé sur “son cerveau”, objet au centre de sa culture. Ce genre d’anecdotes fera sans doute du cours d’ÉCR une mine d’or pour les média.
3) Tout le monde il est beau, tout le monde il est fin… C’est niaiseux comme tout. J’ignorais qu’il fallait être gaga pour parler d’éthique.
4) Au sein de ce cours, les enfants sont en quelque sorte contraints à être plus religieux qu’ils ne le sont réellement. On les oblige à se définir en fonction de leur religion (voir point 1) alors que la plupart des québécois ne pratiquent aucune religion.
5) Dans l’extrait vidéo, le québécois non-pratiquant est celui qui “prie à chaque soir avec ses filles”. C’est… drôle.
6) Le dépliant disponible sur la même page web définit clairement le cours d’ÉCR comme une sorte de nouveau cours d’enseignement religieux, version oecuménique.
Le pire est que Georges Leroux nous cassait récemment les oreilles avec sa doctrine Lockéenne (Locke voulait qu’on exclut les athées et les catholiques de la société), arguant que le programme n’était ni pro-religion ni-contre (mensonge!). Pour se fier sur Locke en terme de tolérance religieuse, il faut avoir un sérieux problème de repères.
Tags: Éthique et Culture Religieuse
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19 of avr, 2008 at 11:28
Pour ceux qui s’intéressent au futur cour d’Éthique et Culture Religieuse, il y a un peu d’action ces jours-ci du côté humaniste. Je donne ici ma position en version ultra-abrégée:
NON à la complaisance et au révisionnisme dans le but de se donner bonne conscience pour nos bévues passées.
OUI à l’enseignement du fait religieux.
NON à l’exclusion des spiritualités alternatives et visions du monde non religieuses ou para religieuses. Positions qui, regroupées, sont d’ailleurs majoritaire au Québec.
NON au biais lors de l’exposé des religions.
OUI à l’objectivité et à l’approche anthropologique.
P-S Je suis en train d’écrire une belle mise en demeure à monsieur Jetchick. Je me retiens de faire un truc à la Hunter S. Thompson…
Tags: Éthique et Culture Religieuse, humanisme
Category: teaching
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15 of déc, 2007 at 11:12
Il y a deux jours j’écrivais “cours de culture religieuse: Dumont ment, et il le sait“.
Dans la Presse d’aujourd’hui André Pratte signe un article intitulé ”Dumont ment”.
Les deux textes portent sur la démagogie dumontesque concernant le cours d’éthique et culture religieuse. J’affirmais que Dumont “ment en connaissance de cause”, Pratte dit plutôt que:
“Le député de Rivière-du-Loup ignore donc sciemment les faits lorsqu’il laisse entendre que Noël et «la naissance de Guru Nanak» sont placées sur un pied d’égalité.”
Bref, son article est bien meilleur, mais je l’ai devancé quand même. Gnagnagna, lalalèreuh!
-GL
Tags: André Pratte, Éthique et Culture Religieuse, Mario Dumont
Category: actualité, teaching
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13 of déc, 2007 at 8:39
Et il ment en pleine connaissance de cause. Démonstration en deux moments.
Un: Dumont affirmait, en date du 12 décembre, que le cours ne donne pas une place prépondérante aux religions chrétiennes. Ce qui est faux. Il suffit de lire le programme (pdf) pendant 2 minutes pour réaliser que Dumont ne dit pas la vérité.
Deux: Dumont ne se trompe pas, au sens où il ne s’agit pas d’une simple méprise. Il sait qu’il ment. Au moins deux indices nous révèlent l’arnaque.
D’abord, Dumont reprend les même clichés mal informés qu’agitent les fondamentalistes de la coalition pour la liberté (sic) en éducation: crainte de semer la “confusion”, relativisation des croyances, dilution des valeurs fondamentales du Québec (c’est lui qui le dit, pas moi) dans une vaste “soupe”, etc. Cela montre qu’il n’y a pas de réelle réflexion derrière la déclaration du chef de l’ADQ, mais plutôt un plaquage évident de mèmes et des “opinions du vrai peuple” (sarcasme ici), qui ressortaient dans un sondage récent. Bref, il se fout de la vérité, préférant flatter l’opinion publique: la définition même de la démagogie.
Deuxième indice: Dumont sait qu’il ment, et il se protège même contre une éventuelle mise à nu (ou “debunk”) en réduisant sa critique à une petite portion du programme (les pages 69 à 73). Il sera ensuite facile pour lui de se défendre, lorsqu’il sera confronté, en affirmant que sa déclaration a été prise hors contente et qu’il ne visait que la partie du programme qui expose différents rites. Il ment, et se prémunit même un échappatoire. C’est fort, quand même.
——
Dans un autre ordre de toast, euh, d’idées, je rencontre plus tard ce matin le philosophe danois Vincent Hendricks, qui a raflé les prix et l’attention dernièrement pour son excellent Mainstream and Formal Epistemology. Mario Dumont lui, ne rencontre pas de philosophes danois, ou de quelconque nationalité, ni aujourd’hui, ni jamais. Gnagnagnan! Lalalalalèreuh!
Tags: Éthique et Culture Religieuse, Mario Dumont, Vincent Hendricks
Category: imposture, philo, teaching
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3 of déc, 2007 at 19:52
Dans le cadre du cours de pédagogie (”La pratique de l’enseignement supérieur”) j’ai rédigé un plan de cours. C’est un vrai de vrai plan de cours de philosophie (enfin, presque) conforme aux politiques départementales du cégep où j’ai fait mon mini-stage, aux exigences du ministère… et oui, s’inscrivant au sein de la réforme.
En voyant “philosophie” et “réforme” dans la même phrase on s’attendrait à quelque chose de totalement abstrait sans prise sur le réel. Mais la réforme, en réalité et quand elle est bien comprise, vise plutôt à cerner des apprentissages concrets devant être réalisés et à axer l’enseignement sur ces “compétences”. Par exemple, le premier cours de philo au cégep tape sur trois clous:
- Distinguer ce qu’est la philo par rapport à d’autres types de discours comme le mythe, la religion et la science;
- Identifier quelques contributions de la philo antique à la pensée actuelle;
- Être capable de formuler une question philosophique et de faire une bonne dissertation là-dessus.
(Je donne les trois “compétences” dans mes mots, vous épargnant le langage souvent pédant du ministère.) Le but, en fin de compte, est que l’étudiant, après avoir suivi le cours, est en mesure d’argumenter rationnellement à propos d’un sujet de nature philosophique.
C’est simple, quand on le voit comme ça. On est à des kilomètres du cours de philo cliché où un prof tyrannique, vêtu de son chandail de laine brun et de son coat rapiécé aux coudes, martèle une classe blasée avec ses opinions personnelles devant être reçues comme autant de vérités indubitables.
En tout cas. Tout est dans le plan de cours. Plan de cours, PHI 103.
Tags: cégep, Phi 103, Réforme de l'enseignement, travail universitaire
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3 of déc, 2007 at 14:46
J’ignore si le philosophe Daniel Dennett a entendu parler de notre nouveau programme d’Éthique et Culture Religieuse, mais il a affirmé dernièrement, lors d’un débat, que l’éducation religieuse devait être obligatoire. En fait, pour Dennett, il est tout aussi important de connaître les religions que de savoir lire, écrire et compter. C’est dans cette vidéo que ça se passe.
Le débat est très intéressant au sens où Dennett répond à des objections de son adversaire, Dinesh D’souza, qui semblent être très similaires aux objections adressées au cours d’éthique religieuse.
Ce que propose Dennett est d’enseigner des faits testables et reconnus concernant les religions mondiales: leur histoire, leurs traditions, la musique particulière, les symboles, les commandements éthiques, les interdits, etc. Pour le reste, les parents peuvent s’en charger, en vertu des principes de liberté de religion. “Dans la mesure où l’on enseigne aux enfants ce curriculum, [les parents] peuvent leur enseigner ce qui leur plaît (…) dans la mesure où cela ne les empêche pas de s’informer par eux-même éventuellement.”
Le problème que peut poser un tel cours à certains est que les parents craignent que cela revient à enseigner que toute religion est fausse. En enseignant des faits au sujet des religions, nous disent nos amis pour la “liberté d’éducation” ainsi que D’souza, on enseigne la religion en tant que phénomène naturel, en tant que mythe.
Or ce n’est totalement pas le but que Dennett s’était fixé (ni celui du cours qui existe ici au Québec). En fait, un cours de religion soutient et encourage le libre exercice de la religion. L’argument de Dennett est simple:
- Toute religion a sa version “toxique” (ou extrémiste) ayant une dimension antisociale et dangereuse.
- Toutes les variantes “toxiques” des religions se basent sur le maintient des jeunes dans l’ignorance (totale ou de certains faits.)
- Un cours obligatoire sur les religions du monde ne peut que “vacciner” les jeunes contre les variantes toxiques, permettant alors le libre exercice de la religion.
- En éliminant la possibilité de maintenir ce climat d’ignorance, les variantes “toxiques” ne pourrons plus renouveler leurs fidèles par l’endoctrinement et disparaîtront d’elles-mêmes, éliminant du même fait l’hostilité, les préjugés et la généralisation dont souffrent plusieurs religions.
Dennett en profite pour ajouter que les parents ne sont pas les “propriétaires” de leurs enfants, mais les gardiens, guides et tuteurs. Par conséquent, les parents sont redevables concernant la manière dont ils ont contribué (ou non) à l’éducation de leur enfant. Croire que les parents n’ont pas de comptes à rendre concernant ce qu’ils enseignent (ou pas) à leurs enfants, c’est objectiver l’enfant et retourner dans une logique de propriétaire d’esclave.
Quels genre de faits devrait-on enseigner au sujet de la religion?
Dennett poursuit en donnant quelques exemples de ce qui pourrait faire partie du cours.
- Qu’est-ce que l’hindouïsme? Quel est le dieu (les dieux?) hindou? Quelles sont les fêtes religieuses hindoues?
- Dans l’islam, qui était Ali? Pourquoi y a-t-il des sunnites et des chiites? Quels sont les cinq piliers de l’islam?
- Quelles sont les principales branches du christianisme? À quoi ressemblent les différentes églises chrétiennes?
- Dans la religion mormonne, qui était Joseph Smith? D’où vient la Bible des mormons? Comment Smith a-t-il pu déchiffrer le texte du livre de Néphi?
- Qu’est-ce que le cargo-culte? Qui était John Frum?
- Qu’est-ce que la Hagia Sophia, à Istanbul? Qu’est-ce que le Vatican? Où est le Vatican?
- Etc.
Les réponses à ce genre de questions sont fort simples et peuvent être expliquées en quelques minutes: l’exigence de Dennett est tout à fait réaliste. Il n’y a aucune controverse ici, ce sont des informations concernant ce que tel ou tel groupe de personnes croient.
Pourquoi donc est-ce que des parents voudraient cacher à leurs enfants ce genre d’information? De quoi ont-ils peur?
Tags: Éthique et Culture Religieuse, Daniel Dennett, Dinesh D'souza
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16 of nov, 2007 at 21:41
De vrais petits Sid Vicious, toujours à trouver une nouvelle manière de contester l’autorité.
Voyez un peu ce qui se produit actuellement. Nos amis du Discovery Institute (Disco pour les intimes) viennent de publier une brochure s’adressant aux profs dans laquelle ils les incitent à “enseigner la controverse” (autrement dit, introduire le créationnisme dans le plan de cours). Sous le couvert de vouloir enseigner qu’il existe une controverse entourant le créationnisme, le document encourage les profs à enseigner cette doctrine religieuse comme étant une théorie scientifique valide. Et ce malgré l’illégalité de la chose.
Or s’il y a une chose à dire au sujet du créationnisme, c’est ceci: ce n’est pas de la science. Ça aurait beau être l’explication réelle de la diversité des espèces, ça ne serait pas plus de la science. Donc il n’y a aucune raison de l’enseigner à titre de science. Peut-être dans un cours d’histoire des sciences, avec la théorie phlogistique, ou en philosophie, lorsqu’il est question des types discours (le mythe, la philo, la science, etc.) Mais ce n’est pas de la science (on ne le dit jamais assez.)
Ça ne s’arrête pas là: Le Disco pousse l’audace jusqu’à affirmer que c’est plutôt de poser un jugement de non-scientificité sur le créationnisme qui dépasse le rôle de l’enseignant. Voilà qu’ils inversent la charge (« c’est pas moi, c’est l’autre! », de grands enfants nos amis du Disco.) Leur argument est simple: affirmer que le créationnisme est une doctrine religieuse revient à émettre un jugement concernant la théologie, or ce genre de jugement dépasse le cadre permis par l’éducation laïque.
D’une stupidité évidente, cet argument pourrait être employé pour justifier l’enseignement des doctrines de Raël (c’est de la science, notre potre-parole est une ancienne scientifique!), de la scientologie (c’est de la science, on a un E-meter!) et j’en passe. Le pire est que ce sophisme a été aperçu déjà dans les journaux, lorsqu’il était question d’écoles privées religieuses il y a quelques mois. Je vous recopie un exemple tiré du Devoir*:
« Ce qu’on enseigne c’est que cette théorie est expliquée par les scientifiques comme quelque chose qu’on devrait croire, alors que nous, on la présente plutôt comme étant une théorie parmi tant d’autres. On a des invités qui viennent enseigner la théorie du créationnisme et qui démontrent qu’il y a des raisons scientifiques d’y croire…» (Nous dit Éric Lanthier, directeur de l’Académie Chrétienne de la Rive-Nord)
Bien entendu, monsieur Lanthier. Moi aussi je suis le premier à défendre l’enseignement de théories concurrentes en classe: rien de tel pour stimuler la réflexion des étudiants. Il faut aussi dire que mon domaine est la philo, on est assez loin du protocole scientifique qui encadre la recherche en biologie. Mon but est d’amener le questionnement par l’opposition de deux visions philosophiques concernant un sujet particulier. (Par exemple, Nietzsche et Aristote concernant l’amitié.)
De même dans un cours de science on s’attend à ce que soit opposées (s’il y a lieux) des visions scientifiques concernant un sujet particulier, comme la théorie corpusculaire versus théorie ondulatoire de la lumière. Et non pas, sur un même pied, la théorie atomique versus la théorie des monades de Leibniz, sacrebleu!
Morale de cette histoire: toute idée est digne d’être examinée critiquement. Mais toute idée ne se vaut pas.
* Non seulement ça fait intello de citer le Devoir, mais je peux me vanter d’avoir été une des sources de cet article. On rigole plus.
Tags: écoles religieuses, créationnisme, Discovery Institute
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20 of oct, 2007 at 19:08
Il semblerait que non. Le dernier numéro de la revue des sciences de l’éducation de l’université McGill présente un article fort intéressant sur la controverse création-évolution et pourquoi “un enseignement accru des sciences ne suffit pas”.
La solution proposée par l’auteur n’est pas d’augmenter le temps alloué aux sciences, mais d’enseigner la méthode scientifique et la pensée critique. Pour atteindre ce dernier objectif, il est proposé de s’appuyer sur les dernières percées en sciences cognitives qui révèlent “comment le cerveau apprend ou échoue à apprendre”.
(Repiqué sur pharyngula.)
Tags: créationnisme, méthode scientifique, pensée critique
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13 of oct, 2007 at 22:14
Une pétition circule actuellement contre le nouveau cours d’éthique et culture des religions. Elle a été lancée par un nouveau “front” de l’association des parents catholiques, la Coalition pour la Liberté en Éducation. Je vous copie le texte de la pétition en entier:
“En septembre 2008, la loi 95 entrera en vigueur dans l’ensemble des institutions scolaires, tant privées que publiques, du Québec. Cette loi aura pour effet de supprimer l’enseignement religieux confessionnel pour le remplacer par un cours d’éthique et de culture religieuse conçu par l’État.
Cette réforme porte atteinte à la liberté religieuse des citoyens parce qu’elle abolit le droit des parents de choisir pour leurs enfants un enseignement religieux conforme à leurs valeurs et à leurs croyances.
Par la présente, nous demandons au gouvernement du Québec de suspendre la mise en application de la loi 95 afin d’y apporter les amendements nécessaires pour que :
1- le cours d’éthique et de culture religieuse de l’état soit optionnel tant à l’école publique que privée;
2- les Églises et les différents groupes religieux reconnus par l’État puissent offrir un enseignement religieux confessionnel à l’intérieur de l’horaire et des infrastructures scolaires en ayant la liberté d’établir le contenu et de choisir les intervenants qui donneront ces enseignements.”
L’emphase n’a pas été ajoutée par moi, elle y était déjà.
Petit exercice d’analyse. Combinons les propos du site de la CLÉ, ceux de cette conférence de presse et ceux de cet article. On analyse, et on extrait les principaux points du discours de la CLE. Ils sont assez simples, en fait:
- Les enfants (incluant les jeunes du secondaire) sont incapables de décider quoique ce soit en matière de religion. En ce qui concerne la religion, les parents doivent choisir pour leurs enfants
- Les enfants (et les jeunes) sont incapables de comprendre les religions, y compris la leur. Ils doivent donc être tenus à l’écart de toute information au sujet des religions, de peur que le doute ne s’insinue en eux (qu’ils soient “mêlés”).
- Comprendre les religions des autres mène à l’athéisme.
- Enseigner la culture religieuse des autres est “un appauvrissement culturel”.
- Au Québec, la diversité religieuse existe seulement à Montréal.
- Il faut créer un cours spécial pour chaque religion et idéologie qui en fait la demande. Ce ne sera pas un problème, sauf à Montréal (voir #5).
- Les athées sont les bienvenue dans la coalition (nonobstant le point #3).
- Il est important de rouler ses r (voir la conférence de presse), après tout les curés le font.
- Imposer sa religion à un enfant que n’est pas en mesure de la comprendre (voir #2), c’est défendre la liberté de religion (les parents étant libres d’imposer ce qu’ils veulent, voir #1).
- Le catholicisme n’est pas du folklore, les autres religions, si.
- Le gouvernement cherche secrètement (”en catimini”) à miner la fibre religieuse par l’imposition d’un cours inconnu des parents.
Sur le site de la CLÉ (clé, tu piges? dans le sens de la clé pour endoctriner quelqu’un, c’est de censurer toute information contraire à ce qu’on veut lui imposer) on retrouve aussi des liens vers des textes hautement pertinents comme celui de la Denise, et le site du créationniste Paul Gosselin (ah, tiens, moi qui croyait que la CLÉ n’était pas une coalition religieuse…)
Morale de cette histoire: les fondamentalistes veulent imposer leur manière de voir les choses, et s’imaginent (projection, projection) que nous voulons faire de même, ce qui les fait paniquer puisqu’ils craignent de perdre leur petit pouvoir tyranique sur l’esprit de leur enfant. Et hop, en une phrase, ça donne ça.
Sexe, drogue, Rock n’ roll
Le tout n’est pas sans rappeler les frasques de Chasteté-Québec il y a quelques années. Cet organisme faisant la promotion de l’abstinence sexuelle s’était affiché comme étant neutre en matière de religion. Leur président Michel Robillards’était trahi lors d’une émission des francs-tireurs, alors que (pour reprendre les mots de Rico Martinez), son “jupon avait dépassé”. Ou plutôt sa soutane, dans ce cas.
Tags: coalition pour la liberté en éducation, cours d'éthique et culture des religions, laïcité
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