Chant du cygne ou chant des sirènes?
When Jacques Lacan
Sat on the can
Pearls of Wisdom would drop
With a gentle Plop
Aujourd’hui dans Libération on peut lire une entrevue assez rigolote avec Jacques-Alain Miller, gendre de Lacan et héritier actuel de ce dernier.
Miller, dont la secte est menacée par la pénétration des sciences cognitives dans la francophonie, nous ressort les clichés anti-scientifiques habituels pour justifier son poste de ” directeur du département de psychanalyse de l’université Paris-VIII”.
Pour l’héritier de Lacan, tout ce qui est scientifique en psychologie se ramène sous l’étiquette “cognitiviste”. Les cognitivistes, un peu comme les nominalistes chez Grondin, sont les gros méchants dans cette histoire. Ils veulent tout quantifier. Ils veulent tout réduire à des processus effectués par cette masse de Jell-O*. Ils veulent tout contrôler, ce sont des fascistes de la psycho, dignes de l’ancienne URSS. Ils réduisent l’humain à une statistique. Le pire: ils tiennent mordicus à ce que chaque terme possède une définition bien claire.
Les “cognitivistes” ont un plan diabolique: créer une nouvelle espèce humaine qui ne possède pas de “pulsion de mort”, et ainsi rendre caduque la psychanalyse. Ce sont des “débiles mentaux” en proie à “de vrais délires mégalomaniaques”.
(Bigre, il va falloir jeter mes livres de Steven Pinker!)
En revanche les psychanalystes font du “sur mesure”. Ils cultivent l’ambiguïté du langage (ce qui est bien, semble-t-il). Justement Miller nous livre une petite phrase toute lacanienne: “la psychanalyse aussi repose sur le chiffre, mais au sens de message chiffré.” C’est étrange, j’aurais dit “au sens du tas de pognon que gagne un psychanalyste, qui grimpe souvent dans les six chiffres”.
Or la psychanalyse, nous dit Miller, respecte la loi de l’offre et la demande. Les gens veulent de la psyk, on leur en donne. On ne fait rien de mal, et au diable les études qui montrent que l’efficacité est comparable à pas de thérapie du tout. Il faut sortir de la “culture de l’évaluation”, typiquement bolchévique, et laisser le client choisir.
Bref Miller se lance dans une attaque en règle contre la neurologie, caricaturant l’usage de l’IRM, de même que l’étude des neurotransmetteurs et des hormones. C’est “tout à jeter”.
Ça sent la fin pour les lacaniens. On devrait bientôt avoir un best-of et un album “live”, puis les livres de Lacan, dont l’édition est contrôlée par le “siège social” (ça a marché avec L. Ron Hubbard après tout…) iront rejoindre Arthur Janov et ses compères dans le bac à 1$ des bouquineries.
*Cette formulation provient d’une vidéo de l’Église de Scientologie. Tous droits réservés. J’ai simplement cru qu’elle s’appliquait tout aussi bien ici. ![]()
Tags: Jacques-Alain Miller, Lacan, psychanalyse, sciences cognitives
Category: body and soul, imposture Add this post to Del.icio.us - Digg
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